Depuis 25 ans, l’Université de Fribourg augmente régulièrement ses taxes, tous les 7 ou 8 ans. Au semestre d’automne 2018, elles passeront de 540.- à 720.- par semestre pour les Suisse.sse.s et de 690.- à 870.- pour les étudiant.e.s étranger.e.s.

Les doctorant.e.s aussi sont touché.e.s, par l’introduction d’une taxe d’étude de 115.- par semestre par voie d’ordonnance, principe violant la légalité.

L’Université de Fribourg est donc devenue la plus chère de Suisse romande. Il ne s’agit pas d’une indexation des taxes au coût de la vie, mais d’une compensation supportée par les étudiant.e.s pour financer le roulement et les projets de l’Université.

Or le budget du canton de Fribourg s’élève à 3,5 milliards pour 2018, et l’augmentation des taxes universitaires permet de récolter quelques millions de francs: elle relève donc d’un choix politique: limiter les dépenses de l’Etat en privatisant les services et les institutions publics.

De plus, le canton a octroyé plusieurs cadeaux fiscaux au cours des dix dernières années, dont le montant est estimé à environ 180 millions par an, dont les principaux bénéficiaires sont les entreprises et les grands revenus; sans compter que Fribourg applique un régime fiscal «d’exception» pour plus de 1700 entreprises (holdings et sociétés mixtes), lesquelles ne payent presque pas d’impôts. Le manque à gagner atteint 70 millions d’après certaines estimations.

En 2014 déjà, le Conseil d’Etat avait pour projet, à travers la modification de la loi sur l’Université, de confier plus «d’autonomie» à l’Université. Celle-ci échappera de manière accrue au contrôle public dans la définition de son fonctionnement et de ses enseignements. Une politique similaire est déjà à l’œuvre dans plusieurs Hautes Écoles (cf. la nouvelle loi sur les HE spécialisés à Fribourg).

 

Sources: Stop la Hausse Fribourg (2017), Unicom (2017), AGEF (2017), SolidaritéS (2013), La Brèche (2013 ; 2014)